Une trentaine de professionnels de la santé, développeurs, designers, entrepreneurs et autres acteurs liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) se sont réunis mercredi dernier, à l’espace communautaire de travail Le Camp. Le but de cette rencontre est de prendre part au tout premier Café innovation santé organisé par le chapitre Québec d’Hacking Health.

Échanger dans un espace informel et convivial afin de poursuivre la réflexion et l’idéation vis-à-vis les défis d’innovation soulevés par la communauté clinique, voilà ce que permet les Cafés innovation santé, nouvelle initiative du mouvement Hacking Health à Québec. On souhaite ainsi faciliter les échanges entre collaborateurs issus de différents milieux et solidifier les réseaux.

« On veut faire bouger les choses, même si ça peut en déranger quelques-uns. Le but, c’est de faire rencontrer des gens qui, sans contexte du genre, ne se parlent pas nécessairement. On veut mettre à contribution tous les intervenants du milieu, autant les étudiants que les travailleurs et les spécialistes », explique Alejandro Gaviria, co-leader du chapitre Hacking Health de Québec.

Son objectif ultime : améliorer la santé et les services sociaux grâce aux outils numériques. Beaucoup de travail sera nécessaire, mais le co-leader croit aux principes d’une innovation ouverte, collective et sociale.

Marathon d’innovation

Pour y arriver, le mouvement Hacking Health de Québec organise les 4, 5 et 6 novembre prochains un marathon de prototypage numérique en santé. Pendant trois jours, des équipes de bénévoles se creuseront les méninges afin de trouver une solution à la quinzaine de problèmes exposés par des intervenants du milieu de la santé à Québec lors des trois événements Café innovation santé.

« C’est une véritable course contre la montre. Notre souhait, c’est de démarrer un projet qui aidera concrètement la communauté clinique de Québec », soutient Alejandro Gaviria.

Des besoins, il y en a une tonne selon lui. Toutefois, ceux-ci se font surtout sentir dans le secteur administratif du système de santé actuel. Il s’agit de la division où les acteurs sont en lien constant avec le patient, ce qui ajoute à l’urgence du besoin d’innovation.

« On veut faciliter la relation entre le patient et les professionnels du milieu de la santé. Quelques fois, il peut être difficile de parler le même langage, lance-t-il en riant. La question à se poser, c’est  » Peut-on créer un jeu ou encore faire une vidéo explicative sur la marche à suivre pour qu’un enfant, par exemple, comprenne ce qui se passe et soit en mesure de rendre ses traitements plus agréables? « . » La santé numérique n’en est qu’à ses débuts, voilà pourquoi les besoins sont nombreux.

Partenariat naturel

Il était tout naturel pour Alliance Santé Québec, reconnue mondialement pour être l’un des regroupements les plus efficaces pour accueillir, développer et soutenir la recherche et l’innovation en santé, de s’associer à Hacking Health dans le cadre du hackathon de novembre prochain.

« Beaucoup de problématiques présentées ce soir touchent directement les chercheurs et les étudiants de l’Université Laval », souligne le coprésident d’Alliance Québec, Michel Clair.

Pour les étudiants ou diplômés, c’est l’occasion rêvée de rencontrer les principaux acteurs du milieu clinique à Québec et de laisser leur marque en participant à l’élaboration de nouveaux projets innovateurs.

Améliorer son quotidien

L’une des problématiques exposées est celle du manque d’intégration des protocoles de soins. Présentée par le clinicien-chercheur, Patrick Archambault, cette réalité touche des milliers de professionnels, y compris des étudiants finissants.

« On a besoin d’une solution pour les 22 552 médecins du Québec qui souhaitent avoir accès aux outils de connaissance créés dans chaque centre hospitalier de la province, et ce, afin de réduire la duplication des efforts qui survient lorsque de nouveaux protocoles sont créés », explique-t-il.

Son souhait est d’avoir accès à une « Bibliothèque » de protocoles dans le but ultime de réduire le temps d’attente à l’urgence, un facteur irritant pour plusieurs patients.

Jusqu’à maintenant, quatre défis ont été lancés. En tout, c’est une quinzaine de problématiques qui seront présentées aux bénévoles rassemblés lors des Cafés innovation santé. Le prochain rendez-vous est le 21 septembre prochain à compter de 17 h à l’Espace jardin du Pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval.

Hacking Health en chiffres

33 chapitres

5 continents

162 leaders passionnés

527 volontaires

7111 participants

529 projets