Photo : Claudy Rivard

Animée par Georges Tanguay, professeur en sciences de la gestion à l’UQAM, la conférence «Défis des villes à l’ère du développement durable» nous a renseignés sur les indicateurs actuels du développement durable en milieu urbain.

Steve Ivan Tchoungui


La société actuelle vit essentiellement au rythme de la compétition et des comparaisons. «Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console.» Voilà un proverbe québécois qui traduit bien la volonté d’associer la notion de développement durable à des indicateurs de poids. Fini le nombrilisme des villes, place à un système comparant les municipalités.

D’après Georges Tanguay, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et membre associé du Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD), l’idée de comparer et de classifier des villes dites durables s’apparentait de prime abord à une tâche simpliste. Il n’en était rien, étant donné le nombre important de facteurs qu’il a dû prendre en compte pour y arriver. Il souligne également la difficulté rencontrée afin de trouver un consensus autour du choix et du nombre d’indicateurs nécessaires pour le réaliser. Selon lui, «l’exhaustivité des indicateurs de développement durable et leur diversité dépendamment des villes peuvent expliquer cette absence de consensus».

Ainsi, une bonne comparaison passe nécessairement par l’établissement d’une grille commune d’indicateurs réduits, mais couvrant les aspects environnementaux, sociaux et économiques. Georges Tremblay affirme d’ailleurs que, «pour certains décideurs politiques, la notion de développement durable était uniquement associée à la dimension environnementale». À l’inverse, lorsque les trois dimensions citées sont prises en compte, cela permet d’avoir une vision affinée de la durabilité des villes étudiées.

Si le palmarès des villes en terme de développement durable a pu être établi, les facteurs influençant les résultats obtenus ont également pu être listés. Les villes ont ainsi pu être classées et comparées selon qu’elles soient au centre (Québec, Montréal), en banlieue (Lévis, Laval) et en région (Sherbrooke, Trois-Rivières).

«La durabilité d’une ville se traduit par les notions de rentabilité et de compétitivité, mais surtout par la facilité à attirer des investisseurs», explique Georges Tanguay. Il ne s’agit plus seulement de s’approprier l’appellation de ville durable, mais il est nécessaire de refléter et de véhiculer les valeurs qui s’y rattachent, conclut le professeur de l’UQAM.

Son objectif était d’élaborer une liste d’indicateurs réduits pour faciliter à l’avenir la mise à jour des données sur le classement des villes, tout en tenant compte de la pondération et de la compensation entre les indicateurs. Le processus est lancé, reste à savoir si de nouveaux critères seront pris en compte dans l’éventualité d’une généralisation de la méthode dans le Canada tout entier.