Au cœur de la dispute, le concept HTML5 représente le nec plus ultra dans le développement du Web: un jeu de standards permettant d’intégrer sons, images et vidéos sans revivre le cauchemar du début des années 2000 avec une flopée de plugiciels. Cependant, c’est le format de compression des vidéos qui pose problème.

D’un côté, Google propose de n’utiliser que son propre format WebM, développé librement et ouvert à une utilisation illimitée. De l’autre, Apple et Microsoft semblent pousser le format  bien établi h.264, dont la gratuité est toutefois soumise à la volonté du groupe MPEG LA.

Tim Sneath, un «évangéliste» de Microsoft, compare l’initiative de Google à un appel à la traduction des livres du monde entier en espéranto au lieu d’utiliser l’anglais, déjà en place. Les fervents du logiciel libre ne sont pas en reste : un format ouvert avait été proposé — l’Ogg Theora — sans toutefois gagner une masse critique d’utilisateurs en dehors d’un cercle d’adeptes. La Free Software Foundation et la Fondation Mozilla, deux grosses pointures du Libre, se sont rangées derrière Google, qui a annoncé le retrait prochain du h.264 de son navigateur Chrome (toujours marginal, mais audacieux) .

Comme le signale le blogueur John Gruber, le choix entre «pratique» et «idéal» sera sans doute difficile. Une partie de la question sera résolue par un bras de fer entre les fournisseurs de contenu vidéo — qui ne veulent pas doubler leur offre et donc les ressources techniques nécessaires —, les vendeurs comme Apple — qui produisent déjà de très populaires appareils qui ne peuvent toutefois lire des vidéos WebM —  et finalement Google qui fait partie des deux catégories.