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La première édition d’OpenCon s’est tenue du 14 au 17 novembre dernier, à Washington DC. Cette conférence visait à réunir des étudiants et chercheurs en début de carrière autour du libre accès aux articles scientifiques et aux données issues de la recherche ainsi qu’à des ressources éducationnelles en ligne. Cette conférence dynamique a permis de comprendre l’état actuel de la science ouverte.

Emilie Champagne

Twitter: @MissEmilieC

De façon simplifiée, le libre accès en science consiste en l’accès gratuit aux articles scientifiques. Actuellement, la majorité des articles est publiée par de grandes compagnies privées. Les chercheurs, bien souvent financés par des organismes publics, donnent le produit de leur recherche à ces éditeurs, qui les revendent avec des profits impressionnants.

Selon la coalition Right to Research, les grands éditeurs comme Springer et Elsevier ont une marge de profit dépassant les 30 %, soit plus élevée que les profits de grandes compagnies comme Walmart, Apple et Disney.

Les chercheurs peuvent décider de publier dans un journal de type open access, comme PeerJ et PLoS, mais beaucoup de ses journaux font payer leurs services par les chercheurs. Les scientifiques peuvent également autoarchiver leurs articles dans des banques d’articles ou des sites web personnels, selon les règlements de l’éditeur qui a publié l’article.

Bien que ces options soient de plus en plus populaires, elles se heurtent encore souvent à une opposition de la part des chercheurs et des éditeurs traditionnels. Le mérite scientifique étant mesuré par le facteur d’impact, une mesure des citations récoltées par un journal, les grands journaux non ouverts demeurent plus attirants pour bien des chercheurs.

À la suite d’OpenCon 2014, une tendance commence à apparaître, le vent commence à tourner. Avoir ses articles en libre accès est payant: de multiples intervenants ont souligné lors de la conférence que la publication libre d’accès augmente le nombre de citations d’un article scientifique.

De plus, certains pays et États américains passent actuellement des lois pour que la recherche financée par les fonds publics soit accessible au public. Par exemple, les publications issues des recherches médicales financées par l’État de la Californie devront être accessibles au public à partir de 2015.

Pour les étudiants de l’Université Laval, qui ont accès à pratiquement toute la littérature scientifique mondiale, le sujet peut sembler peu important. Pour les représentants de Open Access Nigéria et Inde, par contre, c’est un enjeu majeur. Sans accès à la littérature scientifique, les chercheurs des pays en développement peinent à mener leurs recherches.

Les participants d’OpenCon 2014 semblent faire front commun sur la science ouverte, le but de la conférence n’étant clairement pas de convaincre, mais bien de discuter de nouvelles idées. Parmi celles-ci, notons Content Mine, projet représenté par Peter Murray-Rust et Ross Mounce. L’objectif de Content Mine est d’extraire des données de milliers de PDF par des moyens technologiques et de rendre ces données accessibles à travers le monde.

D’un côté plus étudiant, un projet innovateur se distingue : l’Open Access Button. Le concept est simple et attirant : lorsque vous ne pouvez accéder sans payer à un article, vous appuyez sur l’application qui recherchera alors une version gratuite de l’article. Si une telle version n’existe pas, l’application envoie un courriel à l’auteur de l’article en lui demandant de rendre accessible sa recherche.

Le besoin de ressources libres d’accès en éducation

Pour les étudiants de tous les cycles, l’accès à des ressources gratuites en éducation peut avoir un impact important sur la capacité à engager des études universitaires et sur leur niveau d’endettement. Parmi les sujets abordés à OpenCon 2014, notons la création de matériel scolaire, principalement des livres, disponibles gratuitement en ligne.

Contrairement au contexte québécois, les intervenants d’OpenCon visent à augmenter l’accès à l’éducation par l’accès aux livres de cours. Dans certains collèges américains, les frais de matériel scolaire peuvent dépasser ceux des frais de scolarité et réduire ou éliminer ces frais a un impact positif sur les étudiants. Le Tidewater Community College a d’ailleurs créé un programme sans matériel à acheter, faisant économiser 60,000 $ aux étudiants en une seule session et réduisant ainsi de 6 % le taux d’abandon des cours.

État des choses à l’Université Laval

Cette année, la Bibliothèque a tenu sa deuxième semaine du libre accès, moment regroupant formations, présentations et discussions. En plus d’organiser cet évènement qui devrait être de retour en 2015, la Bibliothèque vient de lancer une section de son site web consacré à la valorisation du libre accès. Guy Bilodeau, directeur du soutien à la recherche et à l’apprentissage à la Bibliothèque, estime que grâce à cette information en ligne, les étudiants, professionnels et professeurs de l’Université pourront identifier les différentes ressources accessibles et s’informer sur le soutien disponible pour leur cheminement vers la science ouverte. De plus, M. Bilodeau a expliqué qu’un portail pour le dépôt institutionnel des articles devrait être opérationnel à l’automne 2015.

Plusieurs participants d’OpenCon 2014 ont souligné que la transition vers la science ouverte est en cours. Le dynamisme des projets par des étudiants et des chercheurs en début de carrière présents au congrès est impressionnant et surtout, incite leurs collègues à revoir leurs propres idées. La génération ouverte est en marche !


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