Le New York Times rapportait en 2004 que la plupart des boutons que les piétons sont invités à enfoncer afin de traverser sécuritairement la rue ne sont en fait des reliques des années 1970, après quoi les lumières pour piétons ont été progressivement automatisées. Cela n'empêche toutefois pas les piétons d'y appuyer afin d'accélérer la lumière.

Plus près de nous, il suffit de prendre un ascenseur pour être en présence d’un bouton-placebo : le bouton de fermeture des portes de certains ascenseurs ne fonctionne pas comme on pourrait s’y attendre. Dans bien des cas, la durée d’attente pour la fermeture de la porte est la même qu’on appuie ou non sur le bouton.

En fait, le bouton de fermeture des portes d’un ascenseur est présent pour le personnel d’urgence (comme les pompiers) qui aurait à évacuer en vitesse un édifice. Il réagit donc à une pression lorsque la clé de l'ascenseur est utilisée pour activer les contrôles spéciaux. Cependant, la raison pour laquelle le bouton allume quand même, comme s’il avait activé sa fonction de fermeture de la porte, relève peut-être plus de l’illusion de contrôle.

Cette illusion de contrôle a été explicitement décrite par un journal de l’industrie de la ventilation et du chauffage : la décision d’installer un thermostat non-fonctionnel dans une pièce peut être consciemment prise afin d’améliorer la qualité de vie des gens qui y travailleront en leur donnant une plus grande impression de contrôle. Parmi les autres avantages évoqués, mentionnons une plus grande productivité entraînée par une baisse des plaintes, un certain réconfort psychologique de voir un thermostat accessible plutôt que verrouillé ainsi qu’une réduction des risques de bris des systèmes de ventilation, qui peuvent être mis à rude épreuve, lorsque soumis à des changements brusques.