Le Centre des sciences de Montréal a fait appel, en début d’année, à trois professeurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval afin de bonifier sa toute nouvelle exposition permanente Humain. Des photos d’histologie du corps humain et des tissus reconstruits en laboratoire lavallois seront notamment présentés.

C’est à la suite de la publication de la première encyclopédie québécoise d’histologie, en février dernier, que le professeur titulaire en anatomie, Éric Philippe, s’est fait approcher par le Centre des sciences de Montréal pour participer à Humain. Une proposition qu’il a acceptée sur-le-champ.

« Ma passion, c’est d’essayer de faire des bons cours, mais surtout de diffuser et de faire rayonner tout ce qu’on fait, indique-t-il. Il ne faut pas rester enfermé parce que c’est le corps humain et que je fais de l’anatomie. Dès qu’on me propose de participer, je dis oui. »

Une image vaut mille mots

C’est la collection de microphotographies de Dr Philippe et de Vincent Coulombe, étudiant en sciences biomédicales, qui a attiré l’attention des concepteurs de l’exposition. C’est un véritable voyage au cœur du corps humain que propose l’enseignant dans l’Encyclopédie histologique.

Selon Éric Philippe, l’image est un moyen simple d’intéresser et surtout de faire comprendre des concepts complexes, d’autant plus que l’on s’adresse à un public néophyte.

« On ne doit pas arriver avec de grands noms scientifiques de protéines et de molécules. La clé, c’est d’adapter le tout de sorte que les enfants vont regarder cela et vont comprendre. Savoir vulgariser, c’est important », soutient-il.

En effet, c’est dans l’optique d’intéresser le grand public à la science que l’exposition Humain a été mise sur pied. « C’est autant pour les enfants que pour les personnes âgées, assure le professeur titulaire. Souvent, quand ils parlent à leur médecin et que ce dernier emploie des termes techniques, ça les effraie. C’est normal comme réflexe. S’ils avaient une petite base du corps humain, ça changerait tout. »

Promouvoir l’éducation

Il était important pour Éric Philippe de faire profiter ses étudiants de sa participation au projet du Centre des sciences de Montréal. « C’est important de les impliquer, parce que moi je n’ai plus rien à prouver, mais ça peut aider un étudiant. Ça le motive et ça lui donne de la visibilité. Je suis là pour ça, je ne le fais pas pour moi, je vis pour eux », témoigne-t-il.

Le professeur indique que l’exercice de vulgarisation de l’information qu’il a fait pour en venir à la conception de cette exposition l’a beaucoup aidé à améliorer ses cours.

« À partir du moment où je vulgarise une notion très complexe, je reviens ici, dans mon amphithéâtre, devant 250 étudiants, et j’amène la matière beaucoup plus facilement », raconte-t-il.

Futur de la médecine à l’UL

Humain avait pour objectif la mise en lumière des dernières avancées technologiques en matière de médecine. C’est pour cette raison que le Centre des sciences a fait appel à deux autres professeurs de l’Université Laval, les docteurs François A. Auger et Lucie Germain, du Centre de recherche en organogénèse expérimentale (LOEX).

Tous deux ont consacré leurs dernières années de recherche à la mise au point d’une méthode de reconstruction des tissus en laboratoire. « La méthode d’autoassemblage des tissus qu’on a développée ici, c’est la plus avancée dans le monde. On veut montrer où on est rendus », répond Lucie Germain, lorsque questionnée sur les motivations qui les ont poussés, son collègue et elle, à accepter de participer à l’exposition.

En plus de fournir « une peau complète », les deux docteurs ont donné des vaisseaux sanguins construits en laboratoire, une innovation qui n’est toujours pas soumise à des essais cliniques. « Cette exposition-là nous montre ce qui s’en vient dans le futur et les vaisseaux sanguins font partie de ça », dit-elle.

Certes, cela consiste en un investissement important pour les deux professeurs, mais Mme Germain garantit que cela en vaut la chandelle.

« C’est quelque chose de très intéressant pour les chercheurs d’avoir une visibilité comme ça, d’autant plus que ça fait partie de l’exposition permanente. On expose de jeunes étudiants, qui peuvent s’intéresser à la science et, après, décider de venir étudier à l’Université Laval. »