Ce 21 novembre, nous fêtions le 25e anniversaire d’adoption par l’Assemblée nationale de la loi sur l’équité salariale. Après une longue lutte des milieux féministes et syndicalistes, ce principe vieux de 70 ans a finalement donné lieu à une loi adoptée à l’unanimité. Le Québec est alors la deuxième province canadienne à se doter d’une loi sur l’équité s’étendant au secteur privé. Ce principe voudrait qu’une personne occupant un emploi à prédominance féminine gagne le même salaire qu’une personne occupant un emploi à prédominance masculine aux valeurs similaire en termes de condition et de qualification. Malgré tout, il semble que les inégalités salariales se maintiennent. Pour constater comment se porte l’équité salariale au Québec, nous nous sommes entretenus avec monsieur Yves Hallée professeur au département des relations industrielle à l’Université Laval.

Par Ludovic Dufour, chef de pupitre société

En 1997, on constatait 0,84% d’écart salarial, c’est-à-dire qu’une femme gagnait 84% du salaire d’un homme. En 2019, on se trouvait à 0,90%, mais le chercheur avertit que plusieurs statistiques peuvent varier selon la forme que prend l’analyse. Cette augmentation est-elle attribuable à la loi ? On peut le croire, mais il est difficile de l’affirmer avec certitude, nous confie monsieur Hallée.

Malgré tout, une femme gagne en moyenne 10% de moins que le salaire d’un homme. Cet écart varie toutefois beaucoup en fonction des domaines. Ainsi, selon l’expert, les secteurs d’activité ayant moins d’emplois à prédominance féminine sont plus susceptibles d’avoir des écarts salariaux plus importants. Pour leur part, les secteurs syndiqués atteignent presque la parité.

Comment se fait-il que nous n’arrivions toujours pas à de meilleurs résultats ? Monsieur Hallée trouve plusieurs fautifs. Un manque de volonté politique, des entreprises ne désirant pas se remettre en question, mais aussi des préjugés et des mentalités. Arriver à l’équité salariale demande de se remettre en question, de revoir la valeur que l’on attribue au travail. L’expert illustre son propos d’un exemple : les adolescentes travaillant comme gardiennes gagnent systématiquement moins d’argent que les adolescents payés à tondre la pelouse. Les gains monétaires semblent indiquer qu’il est plus important de s’occuper de la qualité du gazon que des enfants.

Ajoutons à cela des contestations juridiques concernant le maintien de l’équité au sein des entreprises. On peut constater que le chemin vers une parité parfaite est encore bien long. Cependant, monsieur Hallée ne voit pas tout en noir et considère que le Québec est en relativement bonne posture au niveau mondial.