Pauline Parmentier n’a pas pris de temps à s’habituer au Québec. Après avoir lancé à la foule l’expression « l’affaire est ketchup » à la suite de sa victoire samedi, la Française est revenue à la charge lorsqu’est venu le temps d’expliquer ses émotions après son triomphe en finale de la 26e Coupe Banque Nationale.

« C’est que du bonheur, tabarnac! », s’est exclamée Pauline Parmentier sur le court du PEPS, après avoir vaincu Jessica Pegula en deux manches de 7-5 et 6-2.

« Ça ne se dit pas du tout… Je pense que c’est mieux passé « l’affaire est ketchup » que le « tabarnac » d’aujourd’hui », s’est exprimée la nouvelle championne avant d’éclater de rire.

« Marie-Ève Pelletier (une ancienne joueuse, maintenant analyste à TVA Sports) m’a dit « hey, t’as envoyé », mais venant de moi, je pense que ça passe parce que je ne suis pas d’ici. Peut-être que venant de vous ça craint, mais là, ils étaient choqués les gens?, a-t-elle demandé aux journalistes. C’est le premier mot qui m’est venu en fait! »

Parmentier remporte un deuxième trophée cette saison. En avril dernier, à Istanbul, elle a été sacrée championne d’un tournoi pour la première fois depuis 2008. Avec ce gain, elle réintégrera le top 50 au classement de la WTA.

« C’est la folie! Ça fait 10 ans que je n’en avais pas gagné et là j’en gagne deux dans la même année, c’est un truc de fou! Quand j’ai gagné Istanbul, j’avais beaucoup d’émotions, mais là c’est génial, c’est plus de l’euphorie. Je ne pouvais pas rêver mieux en arrivant ici jeudi dernier, c’était génial! », avoue celle qui est tombée en amour avec la ville au cours de la dernière semaine.

En amour avec Québec

Après la rencontre, elle a avoué ressentir « un petit regret » de l’avoir découvert aussi tardivement dans sa carrière. « C’est une très belle découverte, je vais peut-être m’installer ici pour quelque temps », a-t-elle déclaré sous les acclamations de la foule.

La joueuse de 32 ans devient la quatrième Française championne à la Coupe Banque Nationale. Nathalie Tauziat (1993), Marion Bartoli (2006) et Océane Dodin (2016) ont précédemment triomphé sur la surface bleue caractéristique de cette compétition.

« Comme quoi, il y a un petit lien avec le Québec, croit-elle. Les Français on se sent bien ici et si on joue bien, c’est qu’il y a un petit truc. C’est sympa de gagner des tournois, mais c’est encore plus sympa de gagner dans un tournoi où les gens parlent français et où on crée un peu un lien tout au long de la semaine ».

Parlant de lien, elle a tenu à remercier « tous ses cousins qui sont dans le stade » après la rencontre. Tout au long de la semaine, la gagnante a été l’une des favorites de la foule.

Un début de match difficile

Dimanche, la joueuse de l’hexagone a fait fi d’un mauvais début de match pour venir à bout de la 227e raquette mondiale. Tirant de l’arrière 4-1 en début de première manche, elle n’a laissé que des miettes à son adversaire par la suite, en remportant 12 des 15 derniers jeux.

« J’ai mis un peu de temps à m’adapter à son style de jeu et le fait de débreaker au milieu du premier set m’a bien remis dedans. Je me suis sentie de mieux en mieux ».

En retard 5-1 en fin de deuxième manche, la qualifiée a tenté un retour, en s’offrant deux occasions de briser, mais sans succès. Elle a néanmoins réussi à effacer les trois premières balles de match de la Française, avant de s’avouer vaincue à la quatrième.

« Je savais que ça allait être dur jusqu’au bout, et qu’elle n’allait pas me le donner, explique la championne. C’est une finale quand même! Après, quand j’ai eu des balles de match et qu’elle est revenue, j’étais contente d’avoir deux breaks d’avance, parce que ce n’était qu’un jeu, je crois que j’aurais pu me crisper sur mon jeu de service suivant. »

Dans la finale du double, les Américaines Asia Muhammad et Maria Sanchez ont eu le meilleur sur la paire composée de Darija Jurak et de Xenia Knoll en deux manches de 6-4 et 6-3.

Marino s’arrête en quarts

À sa première visite à Québec depuis 2011, Rebecca Marino a été la seule Canadienne à atteindre les quarts de finale, où elle s’est inclinée en deux manches de 6-3 et 6-4 contre la Britannique Heather Watson, vendredi soir.

La Canadienne a tout de même remporté deux matchs, dont sa plus grande victoire depuis son retour, contre la 7e favorite Tatjana Maria et Georgina Garcia Perez.

« Je suis fière de ce que j’ai fait cette semaine », confie la joueuse de 27 ans, qui revient tout juste d’une pause de cinq ans. « En espérant que je continue comme ça d’ici la fin de la saison, mais je sens que j’étais à ma place et que j’appartiens à ce groupe de joueuses. »

L’athlète de Vancouver a déjà signifié son intention de revenir disputer la Coupe Banque Nationale en 2019. « Tu es signée », lui a confirmé à la blague le directeur du tournoi, Jack Hérisset.

De leur côté, Françoise Abanda et Leylah Annie Fernandez, qui a éliminé sa compatriote Gabriela Dabrowski, se sont fait montrer la porte dès le deuxième tour.