CHRONIQUE SPORTIVE de Raphaël Bergeron-Gosselin

L’un des meilleurs boxeurs au monde, le Philippin Manny Pacquiao, s’est fait servir la médecine qu’il a servie si souvent à ses adver­saires lors de son illustre car­rière. Il a visité le pays des rêves lors du 6e round pour subir sa deuxième défaite consécu­tive, ce qui ne lui est jamais arrivé auparavant.

Dès la fin de ce combat qui pourrait sans aucun doute être nommé combat de l’année, plusieurs spécialistes et ama­teurs discutaient sur l’avenir du boxeur de 33 ans. Pourtant, si on analyse la fiche en car­rière de Pacquiao, 54 victoires, 5 défaites, dont seulement 3 par KO et 2 matchs nuls, c’est à se demander d’où viennent ces raisonnements… Est-ce que la boxe serait un sport trop exigeant envers ses ath­lètes ? Peu importe, une chose est claire, vous ne resterez pas longtemps favoris de la foule si vous perdez quelques combats.

Comparons, par exemple, une équipe comme les Maple Leafs de Toronto, qui n’ont pas accédé aux séries élimi­natoires depuis maintenant 7 ans. Ils demeurent tout de même la franchise la plus riche et en santé de la Ligue natio­nale de hockey… Un boxeur de 33 ans qui bénéficie encore de belles années devant lui, qui n’a subi que 5 défaites en carrière et qui a livré un excel­lent combat malgré la défaite devrait mettre fin à sa car­rière? Peut-être, mais si Pac­quiao avait décidé de chausser les patins au lieu des gants de boxe, croyez-moi, il pour­rait négocier la valeur d’un contrat très lucratif, tandis que pour l’instant, il doit se battre pour conserver sa valeur qui a chuté tout aussi lourdement que sa dépouille à Las Vegas, samedi soir.