Championne québécoise pour une sixième année de suite, l’équipe masculine de cross-country du Rouge et Or prouve qu’elle n’a rien à envier aux autres formations de la province. Les protégés de Félix-Antoine Lapointe ne visent rien de moins que la première marche du podium au Championnat canadien U Sports, qui se tiendra ce samedi sur les Plaines d’Abraham. Un parcours que les Lavallois connaissent bien.

« On est l’équipe à battre. Dans le classement U Sports, les coachs nous ont toujours placés premiers. Je considère que nos chances sont très fortes. Mais, rendu là, il faut livrer la marchandise », affirme Emmanuel Boisvert, qui en est à sa cinquième et dernière saison avec le Rouge et Or.

Est-ce que le fait d’être les favoris constitue une pression supplémentaire? Le capitaine de la formation assure que non. « C’est davantage un facteur qui nous motive, explique-t-il. Ce n’est pas comme si ça fait cinq ans que nous sommes premiers. On a toujours terminé deuxième ou troisième, donc ça nous motive encore plus.  Cette année, c’est vraiment notre chance. On le fait et on se fait plaisir. »

Travailler sans relâche

Son coéquipier Yves Sikubwabo, transféré de l’Université Guelph au début de la saison, confie être venu à Québec pour gagner. Toutefois, il soutient que pour réaliser cet exploit, tous doivent donner leur 100 % et ne jamais cesser de travailler encore plus fort.

« Si tu gagnes la course, il faut te demander ce que tu peux faire pour gagner la prochaine. Il faut continuer d’être discipliné, de poursuivre les entrainements comme les autres. Ce n’est pas facile, mais je crois que c’est ma discipline qui m’aide à toujours continuer », raconte le nouveau porte-couleur de l’Université Laval, qui domine le circuit québécois.

Il croit que les étudiants-athlètes du Rouge et Or ont de bonnes chances de voir une médaille dorée accrochée à leur cou. Être hôte du championnat représente clairement un avantage selon les deux coureurs.

« On connait les points plus techniques du parcours, les grosses montées, où est-ce qu’on peut plus attaquer. Par exemple, quelqu’un qui part très vite sur ce parcours-là, c’est certain que le dernier tour va lui faire mal », analyse Emmanuel Boisvert.

« C’est chez nous. On s’entraine là-bas. Il y a beaucoup de gens qui vont venir nous voir. On est en bonne forme pour faire ce que nous devons faire, c’est-à-dire gagner », dit Yves Sikubwabo, une semaine avant la compétition tant attendue.

Boisvert blessé

En étant à sa dernière année avec le Rouge et Or, Emmanuel Boisvert a craint de finir son parcours universitaire lors de la dernière compétition. Meneur pendant 4,5 km, il a été contraint de mettre fin à sa course en raison d’une blessure à la cheville qui aurait pu compromettre sa participation au championnat canadien.

« Quand j’ai vu qu’après une vingtaine de mètres j’avais encore mal, je me suis dit que je n’allais pas prendre de chance de courir dessus et de l’aggraver. Il n’y avait pas le risque d’équipe en jeu. C’était tout simplement ma position individuelle. Rendu là, c’était le championnat canadien le plus important. Il faut que je sois là pour l’équipe », estime-t-il.

Il garantit que sa cheville va très bien et que cela ne le gêne pas lorsqu’il court. « J’ai dû arrêter la course, mais je me sentais bien. C’était positif. Je me suis prouvé que j’étais en forme. Ça s’annonce bien pour [le championnat canadien] », relate-t-il.

Une médaille d’or serait sans aucun doute la plus belle façon de clore sa carrière universitaire. « Ça serait tellement magique. En plus, ce serait devant la famille, les amis. »