Le capitaine de l’équipe de volleyball du Rouge et Or a reçu un diagnostic de thrombose (artère bouchée) dans la main droite, entre le poignet et la paume. Le joueur par excellence de la dernière saison au Québec doit ainsi mettre fin à sa carrière deux ans avant la fin de son éligibilité.

C’est au championnat canadien à Calgary au début du mois de mars que Bélisle a remarqué quelque chose qui clochait. « Je n’avais plus de sensation dans mon petit doigt, il était blanc et froid », explique-t-il calmement. « On pensait que c’était un nerf coincé ou quelque chose comme ça, mais à mon retour à Québec, les médecins ont trouvé le problème. L’artère cubitale de ma main droite est bouchée sur 10 cm, et la pression exercée à répétition par le ballon dans ma main en serait la cause. »

Le phénomène est également connu sous le nom de « syndrome de la main froide », déjà répertorié chez quelques joueurs professionnels en Europe. « En 30 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça ici », a pourtant confié l’entraîneur-chef de la formation Pascal Clément.

Le jeune homme de 23 ans est présentement sous médication (vasodilatateur et antiplaquetteur) pour libérer son artère. « On essaie d’éviter l’opération, mais même là, mon artère est amochée et je ne veux pas prendre la chance de revenir au jeu », dit-il de sa retraite prématurée. « J’aurais pu attendre jusqu’en septembre avant de prendre ma décision, mais les chances que je me sauve du pontage, de toute façon, sont minimes. »

 

La vie après le volleyball

Recrue de l’année puis joueur par excellence au Québec, autant au niveau collégial qu’universitaire, Tommy Bélisle a été un élément clé de la conquête du titre national par le Rouge et Or en 2013. Nul doute qu’un bel avenir l’attendait même au-delà du volleyball universitaire, mais ce n’est pas ce qui l’attriste le plus. « J’avais déjà fait un X sur une carrière pro. Je n’avais pas envie de déménager et de faire ma vie ailleurs, donc c’est moins dur sur le moral », avoue l’ex-membre de l’équipe canadienne junior. « Quand même, perdre deux années universitaires, c’est tough. »

« Mais bon, la vie ne s’arrête pas », continue-t-il. « Je vais me trouver de nouveaux passe-temps, travailler. Je finis ma première année en kinésiologie, j’ai changé de bac l’an passé, donc il me reste deux ans et je vais entrer sur le marché du travail. Pour l’équipe, d’autres vont prendre ma place, comme j’ai pris la place de ceux qui sont passés avant moi. » Bruno Lortie et Olivier Jannini, notamment, auront à prendre plus de place.

D’ailleurs, va-t-on voir Bélisle dans les estrades de l’amphithéâtre-gymnase du PEPS pour encourager ses anciens coéquipiers? « Je vais aller les voir de temps en temps, c’est sûr, dit-il, mais j’ai aussi besoin de faire mon deuil. »