La fin de semaine dernière se tenait, sur le sable de la Baie de Beauport, la 5e édition du festival Cigale. Quelques bands d’ici, quelques autres pour toucher la corde nostalgie des milléniaux, des couchers de soleil entre des nuages plus effrayants que dangereux. Retour sur la fin de semaine.
Par Emmy Lapointe, rédactrice en chef
Vendredi
On arrive sur le site un peu plus tard que prévu – les apéros sont faits pour s’étirer – en Uber. Évidemment, on aurait pu/dû choisir l’option du vélo ou de la navette du RTC, mais voilà. Après une petite marche d’une quinzaine de minutes à partir du drop off, on met les pieds sur le site.
C’est soirée électro et c’est Cri (que j’avoue ne pas connaître) qui termine sa prestation alors qu’on explore un peu les environs. C’est un peu moins crowdé que je l’aurais cru, mais il faut dire qu’on avance dans l’été, que la fatigue des festivals s’accumule et que Cigale tombe en même temps qu’ÎLESONIQ. La foule me semble aussi un peu plus vieille que j’aurais pensé.
On se prend quelque chose à boire, les bars sont nombreux, les files sont courtes et pour vrai, pour un festival, les prix ne sont pas si pires. On décide d’écouter DJ Champion (qui a l’air presque ému d’être là) un peu en retrait pour finalement s’approcher des scènes à l’arrivée de Benny Benassi. C’est assez facile de se faufiler au travers la foule qui n’est pas très dense.
C’est la soirée un peu has been. Rappelons que « Satisfaction » est sortie en 2002 et je ne sais pas à quel point c’est une tune qu’on met dans nos partys nostalgie.
Avant de sortir du site, un court arrêt à une station de personnalisation de bandana avant de parcourir un petit kilomètre pour rejoindre notre chauffeur Uber.
Côté météo, comme pour les milléniaux un peu éclatés, plus de peur que de mal.
Samedi
On arrive pour Bon enfant, mais on choisit de manger un morceau et d’écouter plus distraitement en faisant un petit atelier de peinture organisé par Projet L.U.N.E, un groupe communautaire oeuvrant dans la reconnaissance et la défense des droits sociaux des travailleuses du sexe.
Puis, comme la veille, on s’assoit en retrait pour Qualité Motel et Men I Trust. Qualité Motel, c’est les gars de Valaire en mode DJ/Karaoke/kitsh. Si le début du show était un peu frustrant – arrêter les bangers des comédies musicales juste avant les refrains, on fait pas ça à un être humain –, ça a fini par devenir de plus en plus chantant, de plus en plus le fun. Avec Emma Proulx à la voix et à la guitare de Men I Trust, il faut le dire, c’est elle qui fait, en concert du moins, tout le charisme du groupe. Et si le groupe roule depuis maintenant 12 ans, contrairement à DJ Champion qui passait à la même heure la veille, il n’a rien de dépassé.
On a rejoint la foule pour Milky Chance. Si je trouve souvent que la plupart de leurs chansons se ressemblent, le duo allemand, a merveilleusement fermé la deuxième soirée, doucement, sous la pluie.
PS : On m’a aussi fait remarquer que Clemens Rehbein ressemblait à Émile Bilodeau version Versace.
Dimanche
Dernier jour, micro fatigue qui s’installe (et bagages pour le Belize à faire), on arrive dans les eaux de 19h. Juste le temps de se prendre un spritz et d’aller dans la foule qui, une fois de plus, est facile à traverser que le concert de Tones and I débute. Disons-le, l’époque de la sortie de « Dance Monkey » commence à dater et dans les dernières années, il y a eu peu de hits. Mais franchement, c’était festif, sa setlist qui comptait quelques covers, était plus qu’accessible. Elle avait aussi des danseur.ses, ce qui était, il me semble, une première pour le week-end. Bref, j’ai trouvé ça super fun.
Est ensuite venu le tour de Dasha, une jeune chanteuse (et femme d’affaires) country. La connaissant un peu moins, on décide de l’écouter en retrait sur une des terrasses et de se faire une petite partie de Yatzhee (toujours trainer ses dés en festival).
Puis, c’est Of Monsters and Men qui foule les planches de la scène Loto-Québec pour clôturer cette 5e édition de Cigale. C’était une écoute distraite de mon côté, vis-à-vis la scène, mais assez loin derrière. Je dis une écoute distraite, mais c’était peut-être plus une écoute contemplative? Il faut dire que c’est ce que le groupe donne comme vibe aussi, une solitude au milieu des autres.
Bilan
La vérité, c’est que Cigale, ce n’est pas galvanisant, ce n’est pas non plus intime, mais ça reste quand même dans mes festivals préférés de l’été. Déjà, l’accessibilité est assez facile, mais t’as quand même l’impression d’être à l’extérieur de la ville, ça ne brûle pas ton week-end complet comme les shows commencent juste en milieu, voire en fin d’après-midi. Il y a moyen de prendre un bain de foule comme de discuter et de s’entendre le faire.
La nourriture est bien, les toilettes en nombre suffisant, le site se marche bien, la foule est respectueuse et on se sent en sécurité. C’est peut-être plus un festival d’ambiance qu’un festival pour grand.es mélomanes, mais à moins d’un mois de la rentrée, c’est peut-être d’étirer l’été dont on a envie.


