Chaque année depuis 20 ans, l’ONG cherche l’aide du public afin d’écrire des milliers de lettres demandant la libération de personnes injustement incarcérées. Ces lettres servant à la fois de support moral aux victimes et de moyens de pression contre les gouvernements ont contribué à la libération de 127 personnes depuis 2001.

Par Ludovic Dufour, Chef de pupitre société

L’an dernier, près de 5 millions de lettres ont été envoyés ce qui a conduit à la libération de 4 prisonniers et à l’arrestation d’un policier ayant rendu aveugle un protestataire chilien. L’autrice Chloé Savoie-Bernard, l’une des porte-parole de cette édition d’Écrire ça libère, rapporte que 75% des individus visés par ces campagnes ont été libérés.

Cette année, dix nouveaux cas sont visés par la campagne. Parmi ceux-ci, on retrouve Rung Panusaya, qui risque la prison à vie pour s’être opposée à une loi interdisant la critique de la monarchie thaïlandaise, Bernardo Caal Xol, ayant protesté contre un projet hydroélectrique au chili, a été condamné à 7 ans de prison suite à des accusations infondées, Ciham Ali, détenue en Érythrée depuis 9 ans sans que personne n’ait de nouvelles d’elle, la journaliste Zhang Zhan qui a été condamnée à 4 ans de prison pour avoir signalé les agissements du gouvernement chinois à Wuhan, Mohamed Baker, emprisonné en Égypte pour avoir défendu les droits des personnes marginalisées, Imoleayo Michael qui risque la prison pour avoir soutenu des manifestant.e.s nigérien.e.s sur les réseaux sociaux et Mikita Zalatarou, un adolescent de 16 ans emprisonné sans preuve en Biélorussie.

À ces demandes de libération, on ajoute trois cas où l’on demande la fin de la répression et de l’inaction. L’ONG ukrainienne sphère défendant les droits des femmes et des groupes LGBTQ+ ayant été de nombreuses fois victimes de violence, demande à la police d’agir. Wendy Galarza demande pour sa part que soient traduits en justice les policiers qui ont ouvert le feu sur elle alors qu’elle manifestait pour protester contre le meurtre d’une autre femme. Finalement Janna Jihad, qui a 15 ans, rassemble des informations sur les violations des droits humains par l’armée israélienne. Victime de harcèlement et menacée de mort, elle demande la fin du racisme institutionnel envers les palestinien.e.s.

La Campagne se termine le 31 janvier. Entre temps, des marathons d’écriture sont organisés à de nombreux endroits. L’un d’entre eux aura lieu le 11 septembre à Québec à la Bibliothèque Monique-Corriveau. Il est également possible d’organiser son propre marathon en suivant les instructions du site d’Amnistie internationale.