Un article du site Web isitbadforyou.com accordait récemment la note F, la pire en alimentation, à l’entreprise Sodexo pour l’année 2016. L’entreprise possédant plusieurs comptoirs alimentaires à l’UL, la nouvelle a rapidement circulé sur les réseaux sociaux.

Selon l’auteure DeeAnne Oldham, la nourriture offerte par la multinationale n’est pas bonne pour la santé en raison des aliments transformés riches en gras, sels et produits chimiques.

Malgré les initiatives de la compagnie d’offrir une meilleure alimentation, l’auteure accuse Sodexo de changer le nom de ses plats et de continuer à servir des produits congelés.

Des critères stricts

Présente sur 34 000 sites et dans 80 pays, l’offre alimentaire de Sodexo n’est pas uniforme partout. L’article pose un problème sur le campus de Québec, car l’entreprise doit se plier à des critères exigeants élaborés dans la politique alimentaire de l’Université Laval en 2005.

« Dans nos contrats, on exigeait la variété et au moins un menu santé. Celui-ci devait correspondre à nos critères très spécifiques auxquels tous les concessionnaires devaient se plier », explique la professeure associée au Baccalauréat en nutrition, Denise Ouellet, qui a siégé sur le comité alimentaire de l’UL pendant 10 ans.

Selon elle, Sodexo a travaillé fort pour rencontrer ces exigences et a toujours été à l’avant-garde dans son offre alimentaire. Encore aujourd’hui, « des étudiants mystères évaluent l’offre alimentaire chaque session. Ils mangent un repas, puis donnent une note. De nombreux sondages sont effectués et il n’y a jamais eu de mauvais comeback avec Sodexo ».

C’est également ce que la vice-présidente aux communications de Sodexo Canada, Katherine Power, affirme. « On fait tous nos repas sur le site, ce n’est pas congelé. On achète nos produits locaux et on essaie de ne pas avoir de restant. On ne réutilise pas les produits. On a des règles strictes sur le côté hygiène et sécurité de la nourriture. »

Selon Sodexo, l’article n’est donc pas fondé sur des preuves scientifiques et ne correspond pas du tout à ses pratiques alimentaires.

En constante collaboration

La compagnie affirme aussi avoir tissé des liens de partenariat avec les étudiants et l’administration de l’UL.

« On travaille avec une équipe de nutritionnistes pour être certains que nos menus soient balancés, qu’il y ait du choix pour les végétariens et les allergies. On travaille avec les étudiants pour s’assurer de leurs besoins. On essaie de trouver ce qui est nouveau et intéressant pour les gens. On reconnaît que si tu es étudiant à l’université, le menu peut devenir stagnant », poursuit Mme Power.

Si Sodexo a su s’adapter au fil des années et renouveler son offre alimentaire, le nouveau contrat de 2015 promet encore mieux. « Il y a plus d’éléments de développement durable : achat local, réduction de gaspillage, gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets », précise Denise Ouellet.

Vérifier la fiabilité des sources

Même si plusieurs personnes rencontrées considèrent qu’il y a là le début d’une nouvelle campagne de salissage contre Sodexo, la professeure en nutrition ne croit pas que l’article soit lié à un boycottage de la part des étudiants.

Bref, il est important de se méfier des nouvelles accrocheuses qui circulent sur les médias sociaux. Le site Web IIBFY reste à ce jour très subjectif quant à son contenu et ses critères d’évaluation.

Par exemple, le site a donné la note F à la pratique du yoga chaud et la note B au sperme. Ses nombreuses publicités et le peu de transparence font douter de sa réelle mission d’informer le public étudiant. Celui-ci doit donc se questionner sur le sérieux et la pertinence de tels articles.