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Le documentaire sous toutes ses formes était à l’honneur lors d’une table ronde organisée par l’organisme DOC Québec et présentée dans le cadre du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) jeudi dernier au Théâtre Les Gros Becs.

Menée par le professeur, chroniqueur et animateur Pierre Blais, elle rassemblait six artisans aux parcours variés invités à discuter d’un thème en trois volets: comment filmer, financer et diffuser leurs projets documentaires autrement.

Longtemps perçu comme étant l’enfant pauvre du milieu cinématographique, le documentaire a toutefois une présence et une influence évidente depuis les origines du 7e art québécois. Pierre Perrault, Michel Brault ou Jean-Claude Labrecque, par exemple, ont réalisé des classiques du genre, acclamés au même titre que nos plus grands films de fiction. Le documentaire n’est pourtant pas confiné au cinéma, contrairement à ce que pourrait laisser sous-entendre le premier thème de l’événement, « comment filmer ».

« En faisant du documentaire, ton œil s’aiguise, s’affine », a affirmé d’entrée de jeu la cinéaste et auteure Anaïs Barbeau-Lavalette. Après plusieurs projets faits pour l’écran, elle a décidé, avec son conjoint Émile Proulx-Cloutier, qui devait être de la table ronde, de transposer le documentaire à la scène. Le résultat, Pôle Sud, présentait aux spectateurs des résidents du quartier Centre-Sud à Montréal effectuant des tâches de leur quotidien, au son de leur voix narrant leur vécu. La vérité contenue dans ces scènes non simulées faisait en sorte, selon la réalisatrice, de faire tomber le quatrième mûr. C’était « confrontant et nourrissant » selon elle pour le public.

Un intérêt pour la parole a poussé la réalisatrice Marie-Laurence Rancourt à explorer les possibilités du documentaire d’une autre manière: le documentaire radiophonique ou sonore. Ce médium « instinctif et plus spontané », à la structure moins lourde et donnant accès à un imaginaire différent, en l’absence d’images, a une riche tradition en Europe tout en étant quasi oublié ici. Sans moyen et voie de transmission, ces productions qui demandent peu d’argent, mais autant de temps qu’un film, doivent « s’adapter à un modèle qui n’existe pas », selon elle.

Des défis hors des grands centres

Les réalisateurs saguenéens Jean-Marc E. Roy et Philippe David Gagné, dont le film Crème de menthe s’est rendu jusqu’à Cannes cette année, en ont assez de l’étiquette de « cinéastes de région », arguant qu’il est important de développer une expertise en dehors de Montréal. Or, le financement demeure une étape difficile. « On est des géreux de bouteilles vides », a lancé Roy, avant d’ajouter qu’il faut rapidement maîtriser la « forme littéraire que sont les demandes de subventions » pour réussir à produire des documentaires. Même son de cloche du côté de Nicolas Paquet, installé au Bas-Saint-Laurent, qui soutient « porter à bout de bras » chacun de ses projets, dans un but de décentralisation et de multiplication des centres.

La productrice Karine Dubois, répondant aux craintes des autres panélistes, a avancé qu’il était normal et nécessaire d’être « en mode sous-sol d’église » quand vient le temps de rejoindre un public avec le documentaire. En attendant une plateforme qui pourra offrir une diffusion plus large de toute la production cinématographique québécoise, les artisans doivent chercher le bon format pour le bon sujet, selon elle, la télévision et Internet pouvant servir de leviers à une distribution plus large d’œuvres.


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