Les amateurs de musique émergente de Québec ont probablement remarqué qu’un nom s’illustrait de plus en plus dans les différentes programmations au cours des derniers mois : Fria Moeras. Un an après la parution de son premier EP, La peur des animaux, Frédérique-Anne Desmarais ‒ c’est son vrai nom ‒ amorce un été qui la verra monter seule sur scène, en plus de travailler sur du nouveau matériel pour un éventuel album.

Impact Campus s’est récemment entretenu avec l’auteure-compositrice-interprète, en quête de mots-clics payants ‒ #Francouvertes, #Festif !, #monsieursenchest.

Impact Campus : Peux-tu, tout d’abord, nous parler de ton expérience aux Francouvertes 2019 ?

Fria Moeras : C’était vraiment une belle expérience. J’étais contente de participer, à la base, parce que je ne pensais même pas être prise. C’est encore un bébé projet, comme je me tue à le dire tout le temps. Je sais qu’on n’était pas nécessairement le band le plus setté, on n’avait pas nécessairement autant d’aplomb que bien des projets qui roulent depuis longtemps, mais c’était vraiment une expérience trippante de jouer devant un public qui est là pour t’écouter, plus d’entendre les commentaires. C’était vraiment enrichissant.

I.C. : C’est donc terminé pour toi ?

F.M. : Je n’ai pas été retenue pour la demi-finale, mais, côté timing, ça tombe bien, parce que je m’en venais fatiguée. (rires) C’est stressant les concours, et cette année, on faisait le Cabaret Festif !, puis les Francouvertes. Disons que ça faisait beaucoup en même temps. Une fois que ça s’est terminé, je me suis défoulée aux Nuits Psychédéliques [de Québec, le 5 avril]. Ça n’aurait pas été la goutte qui fait déborder le vase d’être retenue, j’aurais été contente, mais je n’aime pas ça les concours. Je n’aime pas ça la vibe des concours, jouer devant un public qui nous compare avec d’autres, devoir performer pour plaire à des gens.

I.C. : Tu dis que c’est un « bébé projet », mais depuis combien de temps roules-tu avec le projet Fria Moeras ?

F.M. : J’ai commencé il y a deux ans, deux ans et demi. Avec mon band, ça fait un an et demi qu’on joue ensemble. C’est vraiment un petit projet, ça vient de naître, au sens où ça ne fait pas cinq ans qu’on joue ensemble, dix ans que j’écris des tounes… C’est pour ça que je dis que c’est un bébé projet, parce qu’il y a encore beaucoup de maturité à aller chercher là-dedans. Même moi, j’ai encore à maturer, j’ai seulement 20 ans. C’est appelé à encore beaucoup évoluer, c’est pour ça que je me tue à le répéter.

I. C. : De quoi aura l’air ton été 2019 en termes de festivals, ou de création (écriture, enregistrement) ?

F.M. : On fait une tournée américaine. Non, c’est pas vrai ! (rires) Prochainement, ce sera surtout des gigs en solo, je travaille sur un set avec une pédale de loop. En mai, il y a Santa Teresa [le 17], il y a aussi quelques dates qui vont se rajouter [l’entretien a eu lieu au début du mois d’avril, N.D.L.R.]. Sinon, au d’Auteuil dans le 5 à 7 du Volet Pro de L’Ampli…

I.C. : Ton premier EP, La peur des animaux, est paru en avril 2018. As-tu du nouveau matériel à paraître cette année ?

F. M. : J’aimerais sortir — je suis en train de travailler là-dessus — des petits démos en solo, peut-être dans les prochains mois. Un petit truc que je vais enregistrer… enfermée dans un chalet ; je vais rec seule, je vais faire toutes les parts de mes tounes seule. Ce serait le démo d’un album complet sur lequel je travaille, pour dans plus longtemps parce que je veux prendre le temps de le fignoler avant de le sortir. Le EP [La peur des animaux] que j’ai sorti l’année passée avait la vibe d’il y a un an avant ça, avec les arrangements de cordes et tout, c’était l’essence du projet à ce moment-là et je trouvais ça important d’aller chercher ça. Pour l’album, je veux kicker avec quelque chose de vraiment solide, alors je prends mon temps.

I.C. : Le numéro de ce mois-ci aborde les régions et l’occupation du territoire. Tu nous as déjà un peu parlé de l’horaire de ton été, mais j’irais avec une question dans le même filon : à quel festival as-tu le plus hâte, comme musicienne ou comme spectatrice ?

F.M. : Dans la vie, je suis vraiment fan du Festif !, mais s’il y a un festival où j’aimerais jouer, c’est La Noce. Si je joue à La Noce, je vais me marier là, avec whoever. Je ferais mon show, puis j’irais me marier après, je m’en fous avec qui. J’attends d’avoir un bon release avant de faire la tournée des festivals, en ce moment c’est plus des petits trucs à gauche, à droite, alors c’est le fun pour roder mon nouveau matériel, mon stock solo. Je reviens en fait aux sources, parce que quand j’ai commencé, il y a deux ans et demi, je jouais seule avec ma guitare. J’ai hâte de revivre ça. Peut-être plus l’année prochaine la grosse tournée des festivals, si ça marche !

I.C. : Depuis le début du projet Fria, tu as eu l’occasion de te promener un peu partout au Québec. As-tu des anecdotes de tournée particulièrement croustillantes ?

F.M. : J’ai déjà fait un show de marde, mais ce n’était pas en région, c’était à Montréal. Ma corde a pété pendant la première toune. C’était la première fois que je jouais devant les gens de mon nouveau label, celui qui s’occupait de la distribution numérique de mon EP, la recherchiste de Belle et Bum était là aussi. J’ai chié mon premier moment corpo, à Montréal, mais un de mes shows les plus le fun, c’était à Rivière-du-Loup, au Rainbow Submarine. Je n’ai rien de con à raconter, parce tout était trop nice. Quoi que, non ! Après le spectacle, on a fait la tournée des bars, soit trois bars. Dans le dernier où on est allé, L’Hôte Bar, on est assis, c’est Cherry Bomb des Runaways qui joue, et je me vire et sur les rails qui tiennent les portes de garage du bar, il y a des monsieurs en chest. Des vieux monsieurs. Et ils se pendant aux rails en faisant des pirouettes. Je regardais ça et je me disais « ça ne se peut pas ! Il y a seulement à Rivière-du-Loup où tu peux assister à ça » ! Au mois de décembre, à côté des machines à jeux. Mais le Rainbow Submarine, c’est dans une maison, les gars sont smatt, c’est ma salle préférée en région ! (rires)

Photo : Léa Martin