Ce serait un cliché de débuter ce nouveau projet en vous parlant de notre état d’esprit, à mi-chemin entre l’épuisement et la fébrilité, alors que le numéro est désormais envoyé à l’impression. La route vers ce premier numéro a été par moment cahoteuse, ainsi avancions-nous par tâtonnement dans un univers qui nous était encore inconnu avant les fêtes. Notre seul rempart contre la crise de nerfs qui nous pendait au bout du nez ? La qualité de nos compagnons de route et la certitude que notre boussole nous indiquait la bonne direction.

Amorcer une transition de cet ordre en quelques semaines relevait de la folie… une folie propre à l’univers médiatique des délais trop courts et du jamais assez. Une métaphore de notre temps, probablement. Le phénomène d’accélération causé par la diffusion rapide et massive d’information, partout, en tout temps, se répercute ainsi sur l’ensemble de la vie sociale. Notre santé en prend aussi pour son rhume.

Cette tension entre, d’une part, la société, comprise comme la politique, l’économie et les sciences et d’autre part, la culture, comprise comme les arts, la technique et les relations humaines sera désormais au coeur d’Impact Campus. Ce premier numéro s’attaque ainsi à l’un des liants de cette relation : les médias.

Afin de bien mettre en bouche une réflexion sur le rapport culture-société-médias, nous avons discuté avec la député-poètesse de Taschereau, Catherine Dorion. Peut-être ressentait-elle la pression qui pesait sur nous au moment de l’entrevue, à quelques jours du lancement du magazine : «quand je parle de la pression de performance, je me l’impose à moi-même en esti. Je suis la première à faire ça. Ce que je trouve beau de la lutte – je fais une petite parenthèse – on lutte contre ce qui en nous-même nous rend malade, nous rend malheureux, nous empêche de s’épanouir, on lutte contre ça, mais ensemble.» Je vous invite à lire notre entrevue sous forme de questions-réponses en retournant simplement cette page.

Les médias sous la loupe d’Impact

Vous trouverez en page 41 du magazine un article sur la nouvelle réalité de l’enseignement du journalisme, alors que notre journaliste Sarah Lachance s’est entretenue avec deux professeurs du département de communication publique et d’information, Thierry Wattine et Renaud Carbasse.

Phénomène dont les années d’or semblent derrière nous, que peut-on comprendre des mèmes comme forme de communication ? Québec solidank, Fruiter et l’essayiste Sébastien Ste-Croix Dubé dressent un tableau, sous la plume de William Lapierre en page 44.(Cliquez pour lire)

Une transition du journal vers le magazine n’aurait pas pu se faire sans une liaison entre les deux, pour la postérité. On ne laisse pas aussi simplement 32 ans d’histoire derrière. Nous vous offrons ainsi des témoignages de la rédactrice en chef du journal Le Soleil, Valérie Gaudreau (p.47), la journaliste au Journal de Québec, Kathryne Lamontagne (p.49), le journaliste au journal Métro, Henri Ouellette-Vézina (p.48), le chargé de communication du Rouge et Or, Stéphane Jobin (p.58) et la journaliste à Radio-Canada, Kim Chabot (p.57), tous des ancien(ne)s d’Impact Campus.

Julien Girard présente un dossier sur le journalisme à la pige, réalité professionnelle d’un grand nombre de jeunes journalistes, qui doivent multiplier les différents contrats de petite envergure, ne détenant aucune sécurité d’emploi… mais aussi bien peu d’attaches envers leur employeur. Vous le trouverez en page 50 et 51.

En page 52 et 53, Ludovic Dufour vous parle des deepfakes (cliquez pour lire), qui se veulent la dernière évolution dans l’univers des fakes news. Des extraits vidéos et audios de personnalités publiques fabriqués de toute pièce avec l’aide de l’intelligence artificielle ? Il ne s’agit pas du futur, mais bien du présent… et probablement bientôt du passé.

Quelle place occupent les nouvelles internationales dans l’espace médiatique québécois ? Si cette question vous semble sortie de nulle part, c’est probablement parce que nos médias diffusent tellement peu d’actualité internationale que son absence nous parait normale, faute de mieux. Vous trouverez le dossier de Frédérick Durand et Charles-Antoine Gagnon en page 21-22-23, dans la section International.

Finalement, notre dossier sur le journalisme se conclut par une réflexion sur les biais médiatiques de la part de notre collaborateur, Frédéric Aubé, en page 54-55-56.

Sports, sciences et société

Peut-on être dépendant au sport et à l’activité physique ? Notre journaliste Érik Chouinard tente de répondre à cette question complexe (pages 24-25-26) qui implique de définir ce qu’on entend par dépendance, et de remettre en question ce qu’on considère traditionnellement comme de «bonnes habitudes de vie». Les mordu(e)s de sport pourront aussi apprécier le dossier de Samuel Matte sur la place des parents de jeunes athlètes dans leur développement, qui se retrouve tout juste après, en 27-28-29, de même qu’un calendrier des immanquables en cette session hivernale (30-31), préparé par François-Gabriel Roberge.

Notre photographe Julie-Anne Perreault et notre journaliste Maude Rodrigue ont quant à elles réalisé un reportage sur la situation de l’itinérance à Québec, particulièrement par période de grands froids. Vous pourrez admirer la sensibilité de la lentille de Julie-Anne (cliquez pour en voir plus) et la plume toujours juste de Maude en feuilletant les pages 34 à 40.

Le meilleur pour la fin

La section des Arts et culture, qui débute en page 59, vous offre d’abord deux entrevues sous forme de questions-réponses. Jean-Sébastien Doré s’entretient avec le musicien Simon Kearney (p.59-60 –  cliquez pour lire) et l’auteure Marie-Ève Muller (p.61-62-63).

La culture se résumerait-elle aux beaux-arts ? Notre journaliste Josée Ratté nous propose de sortir des sentiers battus, en s’intéressant à la culture telle que vécue au quotidien, dans le présent, par les personnes qui l’incarnent et qui n’ont pas les moyens de diffusion des musées. Vous pourrez lire la touchante présentation d’Édith, [sa] battante préférée, en page 64-65 du magazine.

Amateurs et amatrices de théâtre, vous trouverez une critique de la pièce Bonne retraite, Jocelyne, de Fabien Cloutier, par Alexis Bédard-Fiset (p.73) ainsi qu’une visite dans les coulisses de la préparation de la pièce Astronettes, rédigée par Maude Rodrigue (66-67).

Une solitude dans une solitude ? Simon Provencher dresse la tableau de la scène musicale anglophone de Montréal, qui, non, ne se limite pas à Arcade Fire. À lire en page 68-69-70.

Les habitués d’Impact Campus retrouveront, en page 71-72, le confort de la plume de Nathan Murray, chroniqueur de longue date à la section des Arts, à qui on a confié le mandat de préparer une sélection de films en lien avec notre thématique.

Chaque magazine se conclura par un texte de fiction et de la poésie. Cette section vous appartient. Restez à l’affût de notre prochain appel de textes. Ce mois-ci, vous pourrez découvrir Fraction de seconde de Romane Zacharie Tremblay (76-77-78) ainsi que Mille tours roses de Vincent Paquin et J’écris à l’encore rouge de Pier-Yves Champagne en page 79. Le tout sera précédé d’une réflexion de Bétianne Pierre sur la place de la littérature dans les médias et la précarité des revues littéraires étudiantes (p.75).

Bienvenue dans cette nouvelle aventure !