Deux ans après son ex-coéquipier, Anthony Auclair, Mathieu Betts est pressenti pour être le prochain joueur du Rouge et Or à atteindre la ligue nationale de football (NFL). S’il attire l’attention de nombreux recruteurs de la meilleure ligue au monde en raison de ses performances, Betts met les succès de l’équipe au-devant de ses préoccupations.

Éligible pour disputer une cinquième saison avec le Rouge et Or en 2019, l’ailier défensif pourrait plutôt se retrouver à jouer devant plus de 80 000 personnes aux États-Unis. Celui qui terrorise les quarts-arrière adverses depuis 2015 pourrait en effet devenir en avril prochain le premier joueur du Rouge et Or repêché par une équipe de la NFL.

Au cours des dernières semaines, les recruteurs de la plus grosse ligue au monde sont de plus en plus présents aux rencontres du Rouge et Or. Lors de la visite à Concordia, des recruteurs des Steelers de Pittsburgh et des Giants de New York ont assisté au match et se sont entretenus avec Glen Constantin à son sujet. À écouter le pilote lavallois, ils ne sont pas les seuls à s’intéresser à l’ailier défensif montréalais, qui est considéré aussi comme le deuxième meilleur espoir en vue du prochain repêchage de la Ligue canadienne de football.

« J’ai parlé avec plusieurs équipes, mais je vais garder cela pour la fin de la saison. Mathieu aime ça comme ça et préfère que les réflecteurs soient sur son équipe et pas sur lui. »

Cet intérêt grandissant de la NFL à son endroit ne viendra pas changer sa préparation, selon le principal intéressé, qui confirme les dires de son entraîneur.

« L’objectif, c’est de finir la saison le plus loin possible en séries éliminatoires. Je pense qu’il y a beaucoup trop de travail qui est mis pendant la saison morte et la saison pour penser à autre chose qu’à l’équipe en ce moment. La réalité, c’est qu’il faut avoir une bonne saison si on veut avoir du succès par la suite, donc c’est vraiment l’attitude première à avoir. »

Même s’il préfère se concentrer sur sa saison et les séries éliminatoires, Betts se prépare lentement vers l’avenir. Il s’est notamment entouré de Sasha Ghavami pour le représenter. Agent et ami de Laurent Duvernay-Tardif, Ghavami s’est fait un nom au cours des dernières années en aidant aussi Élie Bouka et Anthony Auclair à atteindre la NFL.

Comme pour l’ancien ailier rapproché du Rouge et Or en mars 2017, un pro day devrait d’ailleurs avoir lieu au PEPS d’ici la fin de la session d’hiver, afin de lui permettre de montrer ses aptitudes physiques aux recruteurs de la NFL.

Un nouveau record contre les Carabins

Mathieu Betts – Photo: Julie-Anne Perreault

Dimanche, dans la victoire de 18-15 en prolongation contre les Carabins, l’étudiant en enseignement de l’éducation physique et à la santé a ajouté quatre sacs du quart à sa fiche pour inscrire un nouveau record du RSEQ. Il en compte maintenant 35,5 sacs en carrière, ce qui lui permet de devancer Jim Aru (31,5, Queen’s, 1994-1998) au premier rang.

« Je suis content qu’on passe à autre chose, avoue-t-il. Évidemment, les séries approchent. Pas que c’est une distraction ou que ça me mettait de la pression, j’étais déjà super content d’avoir égalé le record, mais je suis content qu’on passe à autre chose et qu’on n’en parle plus autant. »

Dans les dernières semaines, il avouait que ce record représentait « le travail de beaucoup de personnes, en commençant par les autres joueurs de ligne défensive ».

Encore une fois, l’ancien des Spartiates du Vieux-Montréal a tenu à mettre les projecteurs sur ses coéquipiers lorsqu’est venu le temps de classer l’affrontement contre les Carabins dans ses meilleurs matchs en carrière.

« C’est vraiment dans nos bonnes performances défensives. On veut avoir des bonnes performances en tout temps, mais je pense que cela a été une semaine de préparation extrêmement rigoureuse. Tout le monde a embarqué ensemble défensivement et on est bien content du résultat. »

Le plus grand de l’histoire?

À l’issue de la rencontre, Constantin n’a pas hésité à qualifier son protégé du « plus grand joueur défensif » ayant porté l’uniforme lavallois.

« C’est un joueur de génération. Pour moi c’est le premier, même si on en a eu des bons. Desloges a joué du gros football, Arnaud Gascon-Nadon aussi, mais Betts élève son jeu quand les enjeux sont grands », analyse celui qui a été engagé comme coordonnateur défensif en 1996, avant de prendre les rênes de l’équipe en décembre 2000.

« Mathieu, c’est un joueur des grandes occasions. Chaque fois que l’enjeu est grand, il lève son jeu d’un cran, a répété l’entraîneur-chef du Rouge et Or. Je m’ennuie déjà de ce gars-là. C’est un joueur qui change le match à lui seul. C’est pour ça que la NFL repêche des quarts-arrière et souvent des ailiers défensifs par la suite. Je me rappelle qu’un coach américain me disait qu’entre un receveur et un ailier, tu prends l’ailier parce qu’il va te gagner des championnats. »

L’historique de Betts semble confirmer les dires de son entraineur. Depuis ses débuts au football, l’ailier défensif a gagné partout où il est passé. Ne reste plus qu’à ajouter une deuxième Coupe Vanier à sa fiche, question de terminer son parcours universitaire sur la meilleure note possible.