Sophie D'Amours / Crédit : Université Laval

Le règne de Sophie D’Amours

Le deuxième et dernier mandat de Sophie D’Amours arrive à son terme, alors que la course pour sa succession est prévue à l’automne 2026. Depuis son entrée en poste en 2017, son administration a régulièrement été critiquée pour son manque de transparence dans la prise de décision, notamment celle impliquant  la nouvelle politique de stationnement. Impact Campus revient sur les principales crises qui ont marqué son rectorat.

Par Marie Tremblay, cheffe de pupitre actualités

Investissements dans les énergies fossiles (2017 à aujourd’hui)

En 2017, lors de sa campagne, la rectrice avait promis de retirer l’UL de tout investissement lié aux énergies fossiles. Après cette prise de position claire, plusieurs universités avaient emboîté le pas en présentant des plans concrets. Ironie du sort, aucune mesure n’a été faite du côté lavallois. En 2018, plus de 80 millions de dollars étaient investis dans l’industrie des hydrocarbures. La rectrice a alors changé de discours pour miser sur la réduction de l’empreinte carbone de son portefeuille. 

L’Université s’est retirée des 200 entreprises les plus polluantes — les CU200 — sans toutefois se désengager complètement des énergies fossiles. Elle privilégie désormais une approche fondée sur le calcul des émissions de CO₂ par million investi, une stratégie qui continue de susciter des critiques de la part des groupes étudiants environnementaux.

Conflits avec les syndicats (2023-2025)

Avec la convention collective des professeur.es venant à  échéance en 2022, le syndicat des professeurs de l’Université Laval (SPUL) demandait, entre autres, une augmentation de salaire, et une diminution de la charge de travail par l’embauche de plus de professeur.es. Après des mois de négociations non concluantes, les professeur.es ont voté une grève générale illimitée via leur syndicat en mars 2023. Pendant cette période, les relations entre la rectrice et le SPUL étaient particulièrement tendues ; alors que la rectrice affirmait être ouverte aux négociations, les professeur.es dénonçaient le manque d’écoute de la haute direction. La forte médiatisation du conflit a contribué à projeter une image peu favorable de l’Université Laval alors que la grève, qui devait durer deux semaines, s’est étirée sur presque 5 semaines. Une entente a finalement été signée en mai 2023. 

L’affaire a toutefois continué de prendre de l’ampleur. En mai 2025, le SPUL a envoyé une mise en demeure à l’Université pour non-respect de la convention collective: le principe de collégialité, devant impliquer les professeur.es dans les décisions administratives et politiques, n’avait pas été appliqué. En fait, les professeur.es affirmaient même n’avoir jamais été consulté.es : « Le SPUL a jusqu’ici été écarté du processus, de manière catégorique, en dépit des principes négociés et définis par la convention», avait écrit ce dernier dans un communiqué. 

La saga Cosmos (2025)

À l’automne, l’Université a annoncé une refonte complète des services alimentaires sur le campus. Les cafétérias sont donc passées des mains de la multinationale française Sodexo à l’entreprise québécoise Cosmos. Plusieurs cafétérias étudiantes tenues par les associations seront fermées et récupérées par l’entreprise. La décision a été très mal reçue par la communauté étudiante qui s’est mobilisée avec la campagne « feu les cafet » initiée par la Cadeul pour faire pression sur l’Université. Malgré des demandes d’accès à l’information, peu de réponses ont été données pour justifier la fermeture des initiatives étudiantes. 

La communauté étudiante a toutefois reconnu l’inclusion du RADIS dans l’offre alimentaire, une OBNL qui offrira des repas à petit prix. Ce nouvel écosystème sera mis en place durant l’été et sera prêt à accueillir ses premiers clients à l’automne prochain. 

Améliorer la communication 

Malgré ces tensions, l’administration de Mme D’Amours a continué d’investir pour développer le campus, s’appuyant sur les subventions gouvernementales à sa disposition. De nouvelles résidences étudiantes sont en construction — une première depuis près de 70 ans —, en plus de poursuivre les projets d’un centre de tennis et d’un pavillon de recherche nordique.

Pour les derniers mois de son mandat, Mme D’Amours affirme vouloir améliorer la communication entre son équipe et la communauté universitaire. Elle exclut toutefois de participer aux États généraux en septembre 2026 souhaités par un front commun de plusieurs associations et syndicats pour faire la lumière sur les différentes dépenses de l’administration. Selon elle, il est préférable de ne pas interférer avec la campagne électorale et de laisser toute la place au prochain rectorat dont la succession sera élue au printemps 2027.

À l’aube de cette transition, le bilan de l’administration D’Amours laisse une communauté universitaire marquée par plusieurs conflits, mais aussi par d’importants investissements dans les infrastructures, destinés à maintenir la compétitivité de l’Université Laval dans le système universitaire québécois.

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