Photo par Marie Tremblay

Le STEP se mobilise en prévision de la négociation d’une nouvelle convention collective

Le Campus reprend enfin vie en cette première semaine de septembre. La communauté étudiante et le soleil sont au rendez-vous sur le Grand-Axe. C’est une occasion en or pour le STEP (syndicat des travailleuses et travailleurs étudiants et postdoctoraux) qui tient lui aussi un kiosque de hotdogs. L’objectif est simple : rejoindre la population étudiante et parler de leurs revendications. 

Par Marie Tremblay, cheffe de pupitre actualités

Après les professeur.es et les chargé.es de cours, c’est désormais aux auxiliaires de recherche et d’enseignement de renégocier leur convention collective avec l’Université Laval, échue en juin 2025. Le STEP demande un meilleur accompagnement et encadrement de leurs membres ainsi qu’une augmentation salariale. 

Pour Mathilde Kuitché, vice-présidente aux travailleur.euses du STEP, le retard salarial est colossal. Pour cause, la précédente convention collective avait été négociée durant la COVID. « On n’avait pas le moyen de pouvoir se mobiliser », explique-t-elle. 

Mathilde Kuitché, vice-présidente aux travailleur.euses du STEP à l’événement de la rentrée. Photo par Marie Tremblay. 

Après avoir comparé le salaire des auxiliaires de l’Université Laval avec celui de plusieurs autres dans la province, le STEP à constaté que l’employeur lavallois traîne de la patte. En 2025, un.e auxiliaire de premier cycle recevait un salaire de 18,53$/h alors que son homologue de l’UQAM gagnait 22,13$/h. Les universités anglophones trônent avec un salaire dépassant les 30$/h. « On ne demande pas à l’Université de combler totalement l’écart, parce qu’on s’entend que ça ne va jamais le faire », clarifie Mme Kuitché. L’augmentation de salaire serait justifiée par l’inflation, mais également les heures travaillées non considérées ainsi que la charge de travail des auxiliaires.

Comparaison salariale des auxiliaires de 1er, 2e et 3e cycle de l’Université Laval avec ceux d’autres universités québécoises. Ces tableaux ont été créés et diffusés par le STEP.

Siméon Roland est auxiliaire de recherche et d’enseignement dans la faculté des lettres et des sciences humaines. Pour lui, les revendications répondent à un besoin de justice sociale et vont au-delà d’un conflit avec l’employeur. « C’est une juste compensation aussi à l’effort fourni », conclut-il. 

Le STEP sur le terrain 

Si durant la pandémie la mobilisation était presque inexistante, aujourd’hui la situation est tout autre. « On saisit toutes les occasions pour faire des descentes dans les laboratoires, les départements, les facultés, pour informer les personnes, mais aussi informer l’administration sur ce qui est en train d’être fait », énumère le président du STEP, Serigne Babacar Fall. 

Leur plus récente stratégie consiste à faire des affiches qui reprennent le design et les couleurs associés à l’Université. Un choix délibéré pour attirer l’attention de la population étudiante, mais également de l’Université. 

Par ailleurs, le STEP peut compter sur l’appui de l’AFPC-Québec (Alliance de la fonction publique du Canada) pour les aider dans les négociations. 

 

Les affiches du STEP installées un peu partout sur le campus. Photo par Marie Tremblay. 

Après plusieurs rencontres entre novembre 2025 et avril 2026, les deux partis n’avaient toujours pas conclu d’entente. Face à cette situation sans issue, les deux partis auront maintenant recours à un conciliateur du ministère du Travail lorsque les négociations reprendront à la mi-septembre. 

Le STEP se dit prêt pour cette négociation, autant à la table que sur le terrain. Pour le président, le recours à une grève sera nécessaire dans l’impossibilité de trouver un terrain d’entente. « On ne va rien lâcher, c’est ce qui est sûr », affirme Mme Kuitché.

De son côté, l’Université n’a pas souhaité commenter les négociations en cours. Elle indique toutefois qu’elle « demeure pleinement engagée dans le processus et entend poursuivre les discussions avec les représentants syndicaux dans le cadre prévu à cet effet ».

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