Il va sans dire que Louis McNeil, propriétaire de la chaine Cosmos et grand adepte des concepts, comme il le lui dit lui-même, a réussi une chose : embellir les cafétérias. Couleurs, motifs, formes circulaires propres au Cosmos – et même aquariums – , la présence de Sodexo n’est désormais qu’un lointain souvenir. Mais est-ce assez pour séduire la population étudiante?
Par Marie Tremblay, cheffe de pupitre actualité
Pour le restaurateur, « c’est un miracle » d’avoir réussi à ouvrir trois cafétérias pour la rentrée d’automne. Chacun des concepts des trois espaces est bien reconnaissable par sa couleur accent vert, rouge ou orange. Le Central (De Koninck – vert) sert des pokebowls et des salades. Le TukTuk (Vandry – rouge) se concentre sur des plats thaïlandais avec des sautés et des ramens, tandis que le Snak (Vachon – orange) propose de la nourriture de type fast-food.

Quant est-il des prix?
« Dans les concessions des restaurants Cosmos, le prix du repas le plus cher est de 12 dollars. Un prix plafond quand même abordable », a dit René Lacroix dans une conférence de presse le 25 août dernier. « On est déçu.es. On se promène sur le campus et on confirme qu’un repas dépasse le 12$ », réagit Coralie Duchesneau, présidente de la CADEUL.
Monsieur McNeil, rectifie toutefois les propos de M. Lacroix : c’est le menu du jour qui est offert à 12$. Le prix « plafond » annoncé par M. Lacroix viendrait donc d’une erreur de communication entre le groupe Cosmos et l’Université. Une erreur que la CADEUL et la population étudiante n’oublieront pas de si tôt.
Dans les faits, le menu du jour végétarien est vendu pour 12$ et l’option viande, pour 13$. Un montant que les étudiants consultés par Impact Campus au cours de la semaine qualifient de « raisonnable » pour une assiette complète. Ce montant est toutefois perçu différemment selon la composition du plat. Ariane, étudiante en enseignement primaire, a payé une salade de couscous 12,65$ avec taxes. « C’est trop cher pour ce que c’est », plaide-t-elle. Elle ajoute qu’elle serait prête à payer autour de 9$ pour ce produit.
À travers les trois menus des cafétérias Cosmos, la gamme de prix varie entre 10$ et 16$ avant taxes. Il faut également compter 4$ de plus pour obtenir son plat en trio. Au Central dans le DeKoninck, les bols au bœuf ou aux crevettes montent jusqu’à 15,50$. « On a des avantages qu’on n’a pas au restaurant, ce qui fait qu’on peut baisser les prix [par rapport à ceux du restaurant] », explique Louis McNeil. Il rappelle toutefois que les plats « plus exotiques » seront nécessairement plus coûteux.

La déception se fait davantage sentir au Vachon, qui héberge le concept Snakbar. « Ça m’a coûté 17,25$ [avec les taxes] pour du poulet frit », se désole Maria, une étudiante en actuariat. Ylan, étudiant en génie informatique, ne peut s’empêcher de comparer sa poutine avec celle servie par l’ancienne cafétéria tenue par l’AESGUL. « Je trouve que c’est moins bon qu’avant et plus cher pour la quantité », indique-t-il.

Face à ces prix, des personnes étudiantes se tournent vers les cafés étudiants, comme chez POL, ou apportent leur propre lunch. D’autres encore font le voyagement jusqu’au RADIS, dans le Desjardins, où le menu du jour coûte 5$.
Créer du mouvement sur le campus
Si Maria se dit déçue du peu d’offres sur le menu du Snak Bar (Menu du jour, Nachos, Mac&Cheese, poutines et poulet frit), Ylan n’y voit pas d’inconvénient. Chaque cafétéria détient son propre concept et donc, son propre menu. Avec cette façon de faire, M. McNeil et son équipe cherchent à inciter les gens à se déplacer sur le campus pour aller chercher un repas à leur goût.

« Tous les choix au même endroit, c’est ce qui aurait le plus de sens. Mais, ça ne me dérange pas. Ça permet de visiter d’autres pavillons. C’est quand même cool, au final », commente Ylan. Pour d’autres personnes étudiantes, comme Maria, le voyagement entre pavillons est une possibilité, mais tout dépend du temps dont iels disposent.
Pour les étudiant.es pressé.es, Louis McNeil souhaite instaurer un système de commandes pour diminuer l’attente lors des heures de fort achalandage. « Tu vas pouvoir passer à la cafétéria, puis ton plat va être prêt avec ton nom dessus », avance-t-il.

L’homme d’affaires est d’ailleurs loin d’avoir terminé de développer son projet : il manque encore deux cafétérias à rénover, soit les concepts italien et mexicain. Les menus seront également sujets à changer. « Le Tuktuk est le seul qui a exactement le menu qu’on voulait mettre en place », précise Louis McNeil. Pour dynamiser les repas des étudiant.es, il compte également sur la musique d’ambiance et la présence de cafés barista.
Sur le long terme, M. McNeil souhaite que la communauté lavalloise « prenne l’habitude de rester sur le campus ». Désormais, il faudra voir si elle partagera l’enthousiasme du restaurateur.


