Quelques heures avant qu’ils enflamment le Grand Salon, mercredi dernier, les gars de We Are Wolves parlent de leur album à venir avec Impact Campus.

« There’s in my head a geodesic dome/There’s in my head an altered state of mind/These are the words that I can’t hear/These are the words that I can’t say »

Ces mots tirés du premier titre de La Mort Pop Club, dernier opus de We Are Wolves, reflètent assurément l’esprit effréné de la performance offerte par le groupe punk rock aux influences post-modernes lors du Show de la Rentrée.

Lorsqu’il est question du nouvel album, à paraître en février, les attentes sont hautes. Il est évident que nous

Photo : Danika Valade

Photo : Danika Valade

assisterons à une évolution marquée du groupe. « Le coté signature post punk, new wave, “arbres analogiques” est encore présent » , signale Alexander Ortiz. « L’élément punk, par contre, devient plus accessible. Le spectre s’élargit avec les années », complète Vincent Levesque.

En ce qui concerne la sonorité, le groupe nous réserve une expérience différente. « Le son est clairement différent. Le tempo est plus lent par moment, les textures, la composition des chansons et la présence d’une culture plus populaire font que notre prochain album se démarque des cinq derniers », déclare Pierre-Luc Bégin. « Nous avons appris à construire ces chansons au fil du temps. Nous tentons d’explorer d’autres horizons tout en conservant notre signature », ajoute Ortiz.

Comme du Black Sabbath

Tel que présenté au Show de la Rentrée mercredi dernier, le cover populaire Paranoïd de Black Sabbath figurera sur le prochain album. À l’écoute de leurs pièces musicales, on remarque l’influence du légendaire groupe.

« Il y a eu, un bon moment, un genre de délire autour de nous, se souvient Ortiz à ce sujet. Les gens remarquaient que ma voix ressemblait à celle d’Ozzy Osbourne. Les influences restaient omniprésentes. Nous ne nous sommes jamais dit : “On sonne vraiment comme Black Sabbath”, jamais de notre vie nous n’avons pensé à sonner comme eux. À force de chanter, plutôt que de crier dans un micro, comme nous le faisions au tout début en blague, nous nous sommes dit que nous devrions tenter de faire un cover de Black Sabbath. Au sound check on s’amusait souvent à faire des riffs et on jouait Paranoïd. On s’est dit qu’on devrait le faire pour de vrai. »

Bien que la voix d’Ortiz s’apparente à celle de son frère spirituel de cordes vocales, il va sans dire que celui-ci n’a absolument rien à envier au dernier, après l’ardente prestation que le groupe a livrée au Show de la Rentrée.

Photo : Danika Valade

Photo : Danika Valade

« La musique comme je la conçois […], c’est l’action de créer, de prendre un univers possible et d’en faire quelque chose d’exponentiel. » – Alexander Ortiz

 

Comme de l’art

Le processus de création presque achevé, Vincent Levesque admet qu’il ne pense qu’au dévoilement de leur prochain opus. Ces fantaisistes formés en arts visuels transposent leurs connaissances au plan musical, ce qui engendre une expérience sonore incomparable.

« Nous avons commencé à faire de la musique comme on faisait de l’art, exprime Alexander Ortiz. Nous nous sentions abandonnés, blasés et désintéressés par le monde de l’art alors nous avons créé ce groupe pour exprimer ces émotions qui nous habitaient. À force de délirer, nous avons formé un band. La musique comme je la conçois depuis le début, c’est vraiment dans l’optique de sculpture ou de collage. C’est l’action de créer, de prendre un univers possible et d’en faire quelque chose d’exponentiel. Dans notre cas, il s’agit de notes de musique et de fréquences. Le processus de création qui nous habite, est complètement différent que de vouloir émuler une autre chanson. »

« Reprendre Paranoïd a été, pour nous, un défi. Pourquoi faire un cover quand je peux simplement créer quelque chose? Nous restons tout de même conscients des références et surtout des influences qui nous habitent », renchérit Lévesque.