L’Épreuve du Nord est une activité indépendante de la série de la Société d’ingénierie automobile ( SAE ) qui organise normalement ces courses. « C’est une compétition amicale, la seule course hivernale de mini-bajas. Seulement des gens du programme de génie mécanique y prennent part », mentionne Hélène Ishac, directrice des communications pour l’Épreuve du Nord IV.

Vingt minutes après le départ, un bris mécanique a freiné la progression de l’équipe de l’Université Laval, alors seconde au classement. « Il y a eu une faute de design. La chaîne qui porte la puissance aux roues arrières s’est cassée en raison d’un frottement », précise Charles Lachance, pilote et directeur de suspension. À une demi-heure de la fin et après un acharnement incessant, les mécaniciens ont réussi à installer une chaîne neuve. La voiture a alors repris vie et un autre pilote s’est glissé à
son volant.

La piste a mis le talent des pilotes à l’épreuve. Ils ont eu à relever le défi d’effectuer le plus de tours possibles pendant les deux heures de la course. Le parcours déjà glacé a été compliqué par quelques sauts bâtis avec du contreplaqué, un banc de neige en guise de butte, une série de pneus couchés sur la piste et un tracé en zigzag, délimité par des balles de foin.

Résultats encourageants
L’équipe de l’Université est arrivée quatrième aux qualifications du 13 février. À la course officielle, elle a effectué 39 tours et s’est glissée au 12e rang. Les deux premières places du podium ont été occupées par les deux équipes de l’Université de
Sherbrooke qui ont respectivement fait 103 et 101 tours. La troisième position a été remportée par l’École Polytechnique de Montréal. La remise du trophée a été accompagnée d’une douche de champagne.

La performance de l’Université Laval peut sembler décevante pour plusieurs. Mais Vincent Pouliot-Renaud, membre de l’équipe, a pourtant manifesté son optimisme en faisant allusion à l’année dernière. « Au moins, cette année, notre mini-baja ne s’est pas brisé au premier tour ! Une roue dentée s’était cassée l’année dernière !, lance-t-il. Et on a réussi à franchir la ligne d’arrivée cette année. Toute une amélioration ! » Pendant ce temps, quatre véhicules n’ont pas terminé la course, dont ceux de l’Université Concordia et de l’Université du Québec
à Rimouski.

Des génies à l’épreuve
Tous les mini-bajas de la SAE et de l’Épreuve du Nord sont équipés du même moteur. Les étudiants ont conçu eux-mêmes le reste du véhicule en excluant la transmission. « La voiture est la même qui a participé à la série de la SAE durant l’été.
Par rapport à celle de l’Épreuve du Nord de l’an passé, elle est beaucoup plus légère, ce qui apporte un plus pour les performances. On a une meilleure transmission et il y a un volant à la place d’un guidon », dit Vincent
Pouliot-Renaud.

Les équipes ont dû par ailleurs répondre aux normes de la SAE. « On n’a pas droit aux pneus à clous. Il n’y a pas de motifs majeurs pour l’hiver, ce sont avant tout des voitures adaptées au hors-route d’été », précise Charles Lachance. « La SAE nous donne quand même un peu plus de liberté en laissant tomber des mesures beaucoup trop poussées. On n’est pas obligés, entre autres, de couvrir des pièces en mouvement qui ne sont pourtant pas du tout dangereuses », ajoute-t-il.

Après l’Épreuve du Nord, d’autres défis attendent l’équipe de génie mécanique de l’UL. « Nous mettons notre voiture à la retraite. Cet été, un tout nouveau véhicule va courir dans la SAE. On espère de bons résultats,
cette fois », dit Vincent Pouliot-Renaud. La nouvelle saison de la SAE va s’amorcer en avril.