Montréal (CUP)-Un nouveau rapport démontrant une corrélation entre le grand nombre de décrocheurs au post-secondaire et le sous-financement des établissements scolaires rallient des groupes qui ne s’entendent habituellement pas.

Le rapport du Conseil Supérieur de l’Éducation du 19 octobre dernier portait sur l’importance des études supérieures dans une économie basée sur la spécialisation et le savoir ainsi que l’augmentation du nombre de diplômés et de programmes à travers la province.

Selon le rapport, une grande proportion des étudiants aux cycles supérieurs, surtout ceux au doctorat, doivent quitter avant l’obtention de leur diplôme.

«Le taux de décrochage aux cycles supérieurs est ahurissant», déplore Laurent Viau, président de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ). «Plus de 32% des candidats au baccalauréat et plus de 47% des candidats au doctorat ne recevront pas leur diplôme, ce qui est une perte immense pour la société.»

Malgré le besoin de pousser les études à ce sujet plus loin, le rapport fait état que la pression financière subit par les étudiants et une des principales raisons du décrochage.

«Autant les bacheliers que les post-doctorants sont susceptibles de devoir prolonger si ce n’est de quitter les études parce que le stress monétaire leur prend trop de temps et d’énergie.»

Le Conseil demande une augmentation du nombre de bourses méritoires dans toutes les disciplines et réquisitionne une indexation de l'aides financière. Le sous-financement des universités québécoises empêche les facultés d’engager du nouveau personnel, malgré la constante augmentation d’étudiants.

«Malgré les récentes embauches, le ration étudiants-professeurs reste une inquiétude, surtout pour la formation et les recherches aux deuxième et troisième cycles», énonce le rapport.

Deux groupes ne s’accordant habituellement pas ont salué le travail du rapport : la Conférence des recteurs et directeurs des universités du Québec et la Fédération étudiante universitaire du Québec, le plus grand lobby étudiant de la province.

«Nous sommes heureux du message positif qui reconnaît les efforts fournis par les universités du Québec pour assurer la qualité de la formation et l’importance des études supérieures», affirme Denis Brière, président de la CRÉPUQ et recteur de l’Université Laval. La CRÉPUQ demande aussi l’augmentation des fonds comme solution.

Néanmoins, le rapport fait état de «l’excellence et de l’expertise des facultés, du développement de lieux d’excellence et de laboratoires de recherche comme une force majeure des universités québécoises.»

Le rapport recommande d’offrir plus d’opportunités pour passer au doctorat plus rapidement, expliquant que plusieurs étudiants à la maîtrise pourraient entrer directement au doctorat sans passer par la maîtrise.

Le rapport propose aussi de clarifier la situation des étudiants au post-doctorat. Selon le document, le gouvernement provincial ne compte pas les post-doctorants comme des étudiants lors des calculs des fonds aux universités.

Ces étudiants sont parfois considérés comme des employés, parfois comme des étudiants, ce qui entraîne une «précarité» financière.

«Tous ensembles, ces facteurs créent des conditions difficiles pour recruter et garder des étudiants post-doctorants», explique le rapport en ajoutant que ces élèves amènent «une contribution plus que valeureuse à l’effort national de recherche.»

Traduction libre de l’anglais par Marie-Ève Muller.