Cependant la sortie récente de Light The Horizon dissipe, sans trop de difficultés, les mauvais souvenirs résiduaires de cette expérience. À mi-chemin entre l’espoir et la nostalgie, ce quatrième album est empreint d’une impressionnante sagesse. Il s’écoute naturellement, sans besoin de réflexion profonde et ardue. Une belle réussite pour un trio qui revient de loin et qui, heureusement, renoue avec son amour de la musique.

La construction simpliste des chansons, très minimalistes (tant musicalement que textuellement) charme les auditeurs. Si le rythme semble manquer, par comparaison aux efforts précédents du groupe, l’oreille s’adapte rapidement à ce côté plus calme et posé. Certains moments sont tout simplement sublimes. C’est le cas notamment de la collaboration avec Béatrice Martin, notre Cœur de pirate nationale. «Brutal Hearts» mise habilement sur les voix de la chanteuse et de Malinowski : la sensibilité de l’un s’harmonise avec la personnalité décontracte de l’autre, créant une ambiance feutrée à la limite du blues embrumé. Surprenant et pas méchant pour deux sous. «No One Moves, No One Gets Hurt» se démarque également de par son côté sentimental jusqu’alors peu exploité par les trois musiciens. On doute toutefois de la pertinence de la chute d’eau en arrière-fond: il semble qu’elle empiète sur la guitare acoustique déjà très délicate. L’émotion aurait gagné à son absence, mais un mince effort permet de s’en détacher.

Le premier extrait, «Mountain Top», est fort bien choisi. Il s’agit d’une mise en bouche près du mélange pop reggae classiquement attribuable à Bedouin Soundclash, mais néanmoins rafraîchissante. «Elongo» nous transporte jusque dans la savane africaine avec ses cordes effacées et ses percussions exotiques. C’est dire qu’il y en a véritablement pour tous les goûts. Light The Horizon prend de la valeur avec le temps. On s’y accroche facilement et le plaisir ne fait qu’accroître proportionnellement. Le trio canadien plonge dans la thématique de l’entourage et de l’intime: un virage qu’on embrasse goulûment et qu’on souhaiterait rencontrer plus souvent.

4/5