Sans vouloir généraliser auprès d’un groupe en particulier, parce que les exceptions sont nombreuses, le problème est assez récurrent dans le clan des baby-boomers, probablement pour des raisons économiques et sociales. Ironiquement, c’est leur génération qui se faisait littéralement taper sur les doigts en cas d’inconduite à l’égard des règles de politesse. Est-ce parce qu’ils ont grandi dans un climat de condescendance et de culpabilité qu’ils ont l’impression que tout leur est dû?

Ça me saute particulièrement au visage dans le milieu de la culture, au cinéma ou au théâtre par exemple. Je suis à la Bordée, au bout de la rangée, parmi les premiers arrivants. Se postent à côté de moi, sans dire un mot, deux bonnes femmes. Je me lève, empêtrée dans ma veste et mon sac, avec le sourire, et me range dans l’allée pour mieux les laisser passer. Pas un regard, pas un «merci», rien. Le pire: elles ne papotent même pas. Ça aurait pu les excuser, la bulle conversationnelle féminine. Vous allez me dire : «Ben si t’étais pas contente, pourquoi tu ne leur as pas dit?». Ah. C’est vrai. J’aurais peut-être dû pousser un «Ça fait plaisir!» haut et fort. J’étais toute seule, dans le cadre de mon travail, pas game comme on dit. Je vous invite toutefois à ne pas faire comme moi et à mettre les points sur les «i» de «courtoisie». C’est d’autant plus désarmant lorsque vous accompagnez le tout d’un sourire naturel et «sincère», sortez vos talents de comédien(ne).

C’était la goutte qui a fait déborder le vase, ou plutôt l’air de suffisance qui a fait craquer ma tolérance. Ça me rappelle ces fois au cinéma où, dans une salle presque vide, les hommes de grande taille viennent s’asseoir dans la rangée devant moi, réfléchissent un instant, et déménagent sur le banc immédiatement en face de moi, sans même penser qu’une fille trop gentille est outrée à l’arrière. Je me souviens également mes emplois au service à la clientèle dans le chic quartier Montcalm, où faire ses heures à temps partiel ne semble pas être une bonne raison pour être considérée comme un être humain doté d’intelligence. Pensez-y vous aussi et travaillons ensemble pour un minimum de politesse! Même à Québec, nous vivons en société!

Sur Terre, nous avoisinons le sept milliards d’habitants. Si tout le monde était aussi impoli, il y aurait beaucoup plus de crimes spontanés. Ce serait le chaos.